Hellfest 2025 : retour à Clisson (et retour à la réalité)



J’avais oublié.

Pas le Hellfest en lui-même (ça, ça ne s’oublie pas) mais ce que ça fait au corps, à la tête, au moral.

Parce que en 2024, pendant que tout le monde se prenait des baffes sonores à Clisson, moi je découvrais une autre forme d’intensité : un nouveau-né, zéro sommeil et une vie complètement chamboulée. 

Donc 2025, c’était pas juste un retour.
C’était une revanche.

Et comme souvent avec le Hellfest, ça commence doucement… et ça finit en chaos maîtrisé.



Alcest : toujours cette grâce fragile
Alcest, c’est un peu à part dans la programmation.
Neige (Stéphane Paut) continue de proposer quelque chose d’unique : un blackgaze éthéré, lumineux, presque fragile.
Et en live, ça tient. Vraiment.
C’est jamais spectaculaire, jamais démonstratif.
Mais c’est sincère, et ça se sent.
Un des rares moments où le Hellfest ralentit.


Sunn O))) : jusqu’où ça tient ?
Sunn O))) reste une expérience plus qu’un concert.
Greg Anderson et Stephen O’Malley installent leur mur sonore, lentement, méthodiquement.
Les basses te prennent au ventre, les fréquences te traversent.
Mais soyons clairs : sur la durée, ça peut décrocher.

J’ai trouvé ça fascinant !

Typiquement le genre de set qui divise, et pour de bonnes raisons.

 

The Hu : toujours efficace

Gala et Jaya ont ce truc immédiatement identifiable.

Le chant diphonique, les instruments traditionnels, le côté martial… ça fonctionne toujours.
On connaît la formule, et elle évolue peu.
Ça reste solide, mais moins surprenant qu’avant.


Sex Pistols feat. Frank Carter : pari risqué, mais tenu
Remplacer Johnny Rotten, c’était forcément casse-gueule.
Et pourtant, Frank Carter s’en sort très bien.
Il ne cherche pas à imiter Lydon, il impose son énergie, beaucoup plus physique, plus moderne.
Steve Jones et Paul Cook assurent derrière, sans surprise.
C’est moins subversif qu’à l’époque (forcément), mais ça reste un vrai moment de punk vivant.


The Damned & Les Garçons Bouchers : deux visions du bordel
Dave Vanian, toujours aussi classe, impose une présence intacte avec The Damned.
C’est propre, peut-être un peu trop justement.
À l’inverse, Les Garçons Bouchers, c’est tout l’inverse.
Plus brut, plus foutraque, parfois approximatif… mais vivant.
Et entre les deux, mon cœur balance clairement vers le chaos.


Heilung : toujours aussi hors norme
Kai Uwe Faust, Maria Franz… difficile de mettre des mots sur ce qu’ils proposent.
C’est ritualisé, codifié, presque théâtral.
Mais contrairement à d’autres groupes “à concept”, chez Heilung, ça prend vraiment.
Parce que c’est incarné.
Un des sets les plus immersifs du week-end.


Scorpions : l’efficacité, sans surprise
Klaus Meine tient encore la baraque, même si la voix accuse forcément le poids des années.
Rudolf Schenker, lui, ne bouge pas d’un poil.
C’est carré, pro, sans accroc.
Mais sans réelle prise de risque non plus.
On prend, mais on n’est plus surpris.


SatchVai Band : la démonstration (presque trop propre)
Joe Satriani et Steve Vai, c’est l’élite.
Techniquement irréprochable, évidemment.
Mais parfois un peu clinique.
C’est beau, impressionnant… mais ça manque parfois d’un petit grain de folie.


Cypress Hill : l’énergie intacte
B-Real et Sen Dog n’ont rien perdu.
Le flow est là, l’énergie aussi.
Et surtout, ils savent parfaitement gérer un public festival.
Un des sets les plus fédérateurs du week-end.


Have a Nice Life : pas pour tout le monde
Dan Barrett propose quelque chose de dense, presque étouffant.
C’est lent, sombre, exigeant.
Pas le set le plus accessible, clairement.
Mais pour ceux qui rentrent dedans, c’est une vraie claque.


Priest & The Kovenant : retour dans le froid
Priest propose une électro dark très maîtrisée.
À côté, The Kovenant, avec Nagash, ramène quelque chose de plus rugueux, plus intéressant.
Deux approches différentes, mais un même ancrage dans une esthétique froide et industrielle.


Eisbrecher : la vraie claque
Et puis Eisbrecher.
Alexander Wesselsky est un frontman incroyable.
Charismatique, drôle, ultra efficace. Mais surtout, le groupe est d’une précision redoutable.
C’est lourd, accrocheur, parfaitement exécuté.
Et surtout, ça fonctionne du début à la fin.
Aucun temps mort. Aucun creux.
Mon meilleur concert du week-end, sans hésitation.


 


Cette édition, je ne l’ai pas vécue comme les autres.
Peut-être parce que j’avais loupé une année…


Mais j’ai regardé les concerts différemment. Plus attentive. Plus critique aussi.


Et surtout, j’ai profité.
Même quand c’était imparfait. Même quand c’était trop long. Même quand j’étais rincée dès le deuxième jour.
Parce que oui.
J’avais vraiment oublié à quel point ça me manquait. 🤘


 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse mail ne sera pas publiée